London Calling !

Je reviens tout juste d’un bref séjour sur Londres !

Après avoir entendu tout et n’importe quoi, entre l’hystérie collective suite à l’attentat de Manchester, les copains qui adorent cette ville et qui me disent quoi voir absolument et ceux qui détestent et s’y sont ennuyés, je partais avec pas mal d’a-prioris. Mais bon, c’était juste deux jours et demie, donc un tour express, et pas de quoi en faire un drame si je n’avais pas trouvé mon compte … Ce qui n’a pas du tout été le cas.

Je vous glisse ici dans un petit article ce que j’ai pu visiter, en espérant que celà vous donne envie de sauter la Manche pour quelques jours chez les Rosbeef !

· 25 mai ·

Ce petit séjour à Londres est l’occasion pour moi de redécouvrir une ville que j’avais eu l’occasion de visiter lors d’un voyage scolaire – il y a moultes années de cela – et qui ne m’avait pas permis d’apprécier cette capitale incontournable à sa juste valeur¹.

Première impression dans le bus qui nous mène de l’aéroport de Gatswik vers notre lieu de résidence : que c’est bon de voir autant de verdure ! En apercevant ces petits cottages et autres manoirs victoriens perchés sur de petites collines de gazon frais² , j’ai envie d’une bonne tasse de thé et d’un bon bouquin dans ces livings derrière ces magnifiques bow-windows qui invitent à l’introspection et au repos. Manque de bol, nous n’aurons que trois petites journées, mais ça donne déjà envie de revenir faire quelques petites randonnées.

Après un bref passage dans les nécessaires et monotones quartiers de banlieue, le centre se dévoile enfin, tout de façades ornées et splendides.

Arrivés à l’hôtel ( Chelsea Football Club, très sympa ), première “surprise”, grosse fouille de nos bagages par une brigade canine. Les événements récents³ ont mis la ville en alerte ; j’espère que l’esprit de la ville, réputé éclectique et espiègle, n’en sera pas émoussé.

Un rapide coup d’œil sur la carte de la ville, et nous décidons de se laisser porter par l’air chaud de ce printemps plus qu’estival ( moîte même ). Direction la Tour de Londres par le métro grâce à nos cartes Oyster®.

La Tour et le Tower Bridge sont les lieux les plus touristiques de la ville, et ça se sent. Après une petite promenade sur les quais bondés de la Tamise – l’ambiance est au rendez-vous – nous coupons vers le quartier de Whitechapel par d’adorables petites rues pavées pour s’installer dans un Pub aux allures typiques. Il est aux alentours de midi, l’endroit est occupé par de nombreux Salary Men ( salariés en costume-cravate ) et étudiants riant joyeusement autour de bonnes pintes de bière.

J’apprends que la coutume et de choisir un emplacement,  commander au bar et qu’ensuite nos boissons seront servies à table, ainsi que nos plats. Je jette mon dévolu sur un merveilleux Fish and Chips et une pression de bière “Punk Ipa”, rafraichissante à souhait.

Je me la régale (comme on dit chez nous dans le Sud). Le poisson frit est goûteux, les frites et la sauce maison, les petits pois sont frais.

Le ventre plein, direction le Jack the Ripper Museum, situé à dix minutes de marche. L’exposition prend place dans une typique petite maison victorienne. Nous sommes accueillis par une charmante guide qui a la courtoisie de nous expliquer – in english, of course – le contenu de chaque mise en scène, en parlant lentement et avec des mots simples.

La maison s’étend sur trois étages, liés par un escalier de bois grinçant qui nous plonge directement dans l’ambiance. Chaque pièce propose une mise en scène retraçant les faits et l’évolution de l’enquête concernant les meurtres sordides perpétrés par le non moins tristement célèbre Jack l’Éventreur. Au premier, le “Bureau de Jack”, puis au second le ,”Poste de Police” avec les comptes-rendus d’enquête. Au dernier étage, la “Chambre” d’une des victimes et enfin, au sous-sol, la “Morgue”.

S’il est vrai que le sujet reste un tant soi peu morbide, ce musée est vraiment sympa à faire entre amis. En effet, il est possible de toucher, regarder, prendre les objets, essayer les divers costumes des protagonistes encadrant l’enquête ( capes victoriennes, chapeaux haut de forme, apparats francs-maçons …) et de prendre des photos.

Les scènes sont bien documentées et permettent aisément de se plonger dans les abîmes de cette époque sombre et mystérieuse.

L’ensemble est accessible aux familles, mais je déconseille la “Morgue” aux plus jeunes : on peut y voir les photographies originales et y lire les descriptions des faits ( et c’est quand même bien dégueulasse ).

Une petite promenade à l’air libre est tout de même nécessaire pour se remettre l’estomac en place, nous en profitons pour visiter les abords du fleuve. Depuis ma première visite en 2001 ( je me sens tellement vieille ) les docks ont évolué en quartiers de grand standing : tours de verre, réceptions de marbre et d’or, appartements traversants avec vue sur la Tamise, parcs privatifs ( d’ailleurs accessibles à tous, et ça c’est bien sympa ).

Afin d’apprécier la ville du point de vue du fleuve, et de reposer nos pieds fatigués, nous prenons le bateau-bus ( bateau accessible au tarif des transports urbains ).  À l’intérieur, un mini-bar pour se désaltérer, c’est un bon plan pour pour boire un coup peinard et voir les monuments depuis la Tamise.

Nous débarquons sur Westminster et son incontournable Big Ben que nous entendrons sonner une fois. Puis traversée du St James’s Park.


Pour une fille du sud telle que moi, voir autant de vert donne toujours l’impression de pénétrer dans la Cité d’Émeraude. J’ai toujours adoré les jardins à l’anglaise, ces vastes pelouses, arbres centenaires bordés de fleurs des champs.

Je suis également impressionnée de voir autant d’animaux laissés en liberté en plein cœur de Londres. En cette fin de printemps, on peut y voir vagabonder nombres d’oiseaux accompagnés de leurs adorables petits : pélicans, cygnes, canards, poules d’eau nidifiant et innombrables pigeons roucoulant.

Les écureuils s’en donnent également à cœur joie et viennent grappiller quelques cacahuètes dans les mains des visiteurs. Quant aux oies, elles savent très bien quémander quelques restes de cookies à la guinguette du parc, faisant les yeux doux aux vendeurs et attrapant délicatement les gâteaux du bout de leur bec. Quand on sait ce qu’un jar peut infliger à vos doigts, on ne peut qu’être étonné.

À la sortie de St James se dresse Buckingham Palace. Le château reste une merveille d’architecture à voir, malgré les très nombreux touristes ( comme nous en fait ). Pas de relève de la garde et pas de costumes, je pense qu’il fait bien trop chaud pour cela.

Le soir venu, épuisés par cette journée de marche, petite bouffe en famille dans un restaurant italien à deux pas de notre hôtel, qui sert des pizzas au mètre. Deliciozo !

· 26 mai ·

Après un breakfast typique constitué de bacon, oeufs brouillés, saucisses, haricots et d’une rasade de thé, c’est parti pour les studios Harry Potter !

Situé à l’extérieur de la ville, il faut environ une heure de bus pour y parvenir.

De l’extérieur, l’endroit semble d’une banalité déconcertante. Mais une fois le hall franchi, la magie opère : on ne peut qu’être surpris et émerveillé.

Les Studios rendent hommage à la célèbre saga de J.K. Rowling, en particulier aux huit films.

✱✱ Parler des Studios Harry Potter sans spoilers va être difficile, donc si vous comptez les visiter un jour, sautez le passage 😉 ✱✱

La mise en espace est extrêmement bien réalisée, pédagogique et ludique ( avec possibilité de faire la visite avec un appareil de traduction vidéo ).

Suivant un cheminement précis, le parcours est une alternance de gigantesques décors et plateaux de cinéma, et de salles d’exposition faisant honneur aux diverses étapes de conception, artistes, designers, réalisateurs, acteurs, bref, aux équipes de production.

L’immersion est totale. Nous sommes à Poudlard, dans la Grande Salle où la table vient d’être dressée.

 

Nous patientons dans le bureau de Dumbledore en parcourant sa collection d’artefacts magiques. Nous attendons, l’estomac noué, l’arrivée du Professeur Rogue dans son atelier de potions pendant que des baguettes magiques s’activent seules à la préparation de mixtures peu ragoûtantes.

Nous traversons la forêt interdite en prenant garde de ne pas tomber dans les pattes des araignées géantes.

Nous nous  délassons sur le Chemin de Traverse, puis nous prenons le train direction Poudlard sur la voie 9 ¾ …

Il y a des milliers de choses à faire, et surtout, à voir. En visitant ces studios, on se rend compte à quel point l’univers issu de l’imagination de ce petit bout de femme, Rowling, est riche et foisonnant.

Ce qui m’interpelle le plus, c’est de voir à quel point l’auteur a réussi à transcender le folklore et autres références historiques pour créer un univers nouveau et accessible au plus grand nombre, en témoignent le bonheur que les créatifs de tous bord ont ressenti à la conception des décors, toiles de maître, objets, costumes nécessaires à la réalisation des films.

Bref, j’avais peur, je l’admets, que le studio fut une Ode au Génie de J.K.Rowling. En tant qu’artiste, je suis absolument ravie que ce lieu rendre hommage à tous ces fabuleux talents qui ont travaillé si dur pour nous mettre des paillettes dans les yeux.

Le clou du spectacle reste la maquette de Poudlard. Je pensais que, dans la septologie, les scènes en extérieur étaient réalisées en 3D. Je me trompais lourdement. Le château est en réalité une maquette gigantesque, illuminée la “nuit”, autour de laquelle les scènes ont été filmées et les personnages incrustés. Une pure merveille.

À l’intérieur des Studios se trouve une cafétéria donnant sur un patio extérieur ( Avec Privet Drive, la maison des Potter et la passerelle ou Neville garde vaillamment les portes en fin de saga ), ou vous pourrez notamment déguster une fameuse bièrraubeurre – hélas je n’en ai pas eu l’occasion, donc si vous y allez, vous me direz ce que ça vaut 😉 .

Evidemment, en fin de visite, nous traversons l’éternelle boutique – mais avouons que les accessoires officiels disponibles sont de qualité, et que le craquage est très facile … Hum.

Après avoir longuement hésité entre une cape de sorcier et une écharpe Serdaigle, je resterai “raisonnable” avec quelques goodies divers ( mais nombre d’artefacts de ma “Maison” ! )

✱✱ Fin de spoilers ✱✱

En fin d’après-midi et de retour au coeur de la capitale, petit tour dans le quartier de Soho, puis direction le British Museum – “assez proche” ( ou alors j’avais très  mal aux pied mais ça m’a semblé long ).

Le Musée est un incontournable pour les passionnés d’Art, évidemment – mais surtout, c’est gratuit comme nombre de musées britanniques.

Y sont exposés plus de sept millions d’objets : des pièces historiques, sculptures, bijoux, bas reliefs, ustensiles de toutes époques. Bref, l’une des plus gigantesques collections du monde qui illustrent l’histoire humaine de ses prémices jusqu’ à nos jours.

La chose la plus intéressante à voir – du moins du point de vue de la culture générale – est l’inestimable Pierre de Rosette qui a permis le déchiffrement des hiéroglyphes au XIXe siècle.

Venus ici à dessein où par hasard, vous trouverez votre compte, entre les gargantuesques monuments assyriens et égyptiens, les momies d’animaux, les arts premiers, les ornements mexicains, les céramiques japonaises …

Pour ma part, j’ai absolument adoré la partie est du musée, sous forme de cabinet de curiosités. Hauts plafonds, bibliothèques et échelles,  meubles d’ébène, bustes, ustensiles scientifiques, porcelaines et trésors oubliés … La rôliste que j’étais s’est réveillée avec un désir ardent de parties de jeu dans cet univers mystérieux, poussiéreux et enivrant.

En un mot : au milieu de cette institution, de toute cette richesse artistique et historique, y’a de quoi se sentir tout petit et on prend une claque. Comme au Louvre quoi. Kif-kif.

Du coup, il nous faut un bon repas pour nous remettre de toutes ces émotions. Ce sera dans un resto français, Côte – à mon grand désarroi, mais seul capable près de l’hôtel de recevoir tout le groupe participant à l’épopée. Une bonne adresse pour tout anglais qui désire découvrir de bons petits plats français, mais bon. Quand comme moi on est habitué à la bonne chère et au bon vin – et que les crus proposés à la carte viennent de ta propre région ( remarque, c’est un gage de qualité 😛 ), on va dire que ça m’a rempli le bide mais que je préfère la bouffe de maman ( thon grillé sur salade niçoise ). Pas dégueu, loin de là, mais pas ouf.

La crêpe chocolat-bananes flambées en dessert m’aidera à trouver le sommeil !

· 27 mai ·

Nous n’avons qu’une demi-journée, il faut faire un choix de visite précis pour la fin de notre séjour. Ce sera The London Dongeon : une attraction située tout près de la Grande Roue de Londres, il me semble, en face de Westminster.

Le prix d’entrée nous semble élevé – 30£ – surtout que nous ne savons pas du tout à quoi nous aurons à faire. Et bien, sincèrement, nous en aurons pour notre argent : j’ai a-do-ré.

Ce “Musée des horreurs” nous propose de parcourir l’histoire de la ville du point de vue des légendes macabres et des faits divers sanglants.

✱✱ Attention spoilers si vous comptez faire l’attraction ✱✱

Dès le départ, nous sommes plongés dans l’ambiance : ruelles étroites et sombres, glissantes, glauques. Après un saltimbanque nous précisant les précautions d’usage, nous abordons sur une barque souterraine. Il y a des “rats” partout, c’est sale, et on ne sait pas du tout où on va. Plongés dans le noir,  les figurants s’en donnent à coeur joie pour nous effrayer ( et nous arroser quand on s’y attend pas ).

Cette mise en bouche est parfaite, et nous sommes prêts pour cheminer dans les dédales du vieux Londres Victorien. Nous y croiserons la route de Bourreaux nous expliquant l’Art merveilleux de la torture, participerons à une autopsie en bonne et due forme ( et arrosés “d’urine” ), goûterons les somptueuses tartes à l’humain de Mrs Lovett, nous ferons tailler la barbe par Sweeney Todd, croiserons une Mary Jane Kelly apeurée face au cadavre d’une de ses consœurs, et irons boire un verre avec Jack l’Éventreur en personne.

Pour finir, nous assisterons à un procès où l’on ne peut s’en sortir en étant “coupable” ou “très coupable”.

En fin de parcours, une boisson dans une taverne du vieux Londres nous est offerte, c’est boire un petit coup après cette longue marche de presque deux heures et toute ces émotions, ce n’est pas de refus.

En plus, vous imaginez bien qu’avec ma tête de noeud, c’est bibi qui a servi de cobaye  pour quelques “attraction”. J’ai donc été en “prison” pendant qu’un collègue se faisait “torturer” sous mes yeux, mais surtout, j’ai été jugée coupable juste parce que j’étais française 😉

Sincèrement, The London Dongeon est une attraction à faire absolument : les décors et la scénique est magistrale, les acteurs sont tous excellentissimes ( on dirait vraiment qu’ils jouent les scènes pour les premières fois alors qu’ils jouent à des groupes de spectateurs toute la journée !), les scénettes sont très bien documentées, et on adore avoir peur.

Par contre, si vous ne parlez ou ne comprenez pas un mot d’anglais, ce n’est pas une attraction pour vous, vous allez vite vous ennuyer.

✱✱ Fin de spoilers ✱✱

Il est temps pour nous de rentrer.

Ce séjour sur Londres, bien que trop court, m’aura permis de changer d’air et d’être dépaysée juste ce qu’il faut. Je regrette de ne pas avoir eu le temps de parcourir le quartier de Camden, haut-lieu de la culture underground, que j’avais entraperçu étant ado. Ce sera pour une prochaine fois, car comme dans toute capitale, on n’en a jamais fini 🙂

Vous savez bien, fish, chips, tasse de thé, bouffe dégeu, temps de merde, Marie Poppins de mes deux… Londres !

Snatch – Avi


  1. Paroxysme de mon harcèlement scolaire. Alors vous pensez bien qu’un j’ai pas trop apprécié visiter Londres dans ces conditions … Un jour prochain je vous en parlerai 🙂
  2. Ville de Oxshott. C’est très joli, ça a l’air très cher aussi XD
  3. Attentats de Manchester. Une petite pensée …
  4. Oyster Cards : Les Visitor Oyster cards sont des portefeuilles électroniques en plastique que vous chargez avec le montant que vous souhaitez pour vos trajets sur Londres, avec des tarifs préférenciels pour les touristes 😉
  5. Cheshire Cheese … Miam ! L’endroit est super sympa, à deux pas de la Tour de Londres, et pas bondé, car il faut aller dans les petites rues. Les tarifs sont tout à fait corrects.
  6. 6. Le fish and chips est un plat de restauration rapide, d’origine britannique, à emporter ou à consommer sur place, consistant en un poisson frit dans de la pâte, ou de la chapelure, et servi avec des frites. Il peut être enveloppé dans un emballage de papier blanc (de façon à absorber l’excès d’huile), lui-même emballé dans du papier journal pour conserver la chaleur.

Petit instant pub, car pour l’instant, niveau Fish and Chips, personne ne rivalise avec le Beehive de Montpellier !

  1. Une belle découverte que cette bière Punk Ipa.
  2. Pour l’anecdote : on s’est fait refouler – non sans raison – d’un bar gay. Il faut dire qu’un groupe de 20 touristes avec enfants avec leurs gros sabots dans un bar cosy c’est un peu compliqué 😉 . Le drapeau couleur Arc-en-ciel​ aurait dû nous mettre la puce à l’oreille… Mais le moment de gêne était très rigolo 😉

N’hésitez pas à me faire part de vos impressions si vous avez visité l’une des attractions dont je parle, si j’ai écrit des bêtises, où si vous êtes curieux et que vous avez des questions 🙂

Je tiens à remercier tous les participants à ce petit voyage, en particulier Véronique qui à tout organisé, et Aymeric, pour ses belles photos complémentaires !

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1 Comment

  1. Alona Poppen

    J’adore votre article. Je vais l’envoyer a mon groupe sur twitter. Je suis certain qu’il vont l’aimer.

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