Le jour où je suis devenue féministe .

Et oui, hélas, ça devait arriver 😛

Le jugement

Y’a quelques années de ça, si une femme me disait qu’elle était féministe, au mieux je pensais que c’était une ancienne soixante-huitarde en mal de sa jeunesse tumultueuse. C’est pas très joli, je l’admets. Mais ça aurait pu être pire.

Nombreux-ses sont ceux-celles, sans vouloir l’admettre, qui juxtaposeront le profil de féministe à celui d’une femme hippie poilue et aigrie, forcément  moche, certainement célibataire ou lesbienne et assurément vieille fille avec de nombreux chats pour seule compagnie.

Vous pensez peut-être qu’il y a plus que de vieux machos qui envisagent la femme comme une épouse qui doit faire des gosses et s’occuper de la maison pour considérer les choses de cette manière.

Mais soyez honnêtes envers vous-mêmes. Nombre d’entre nous ont eu ce genre de modèles patriarcal dans le cercle familial. De manière plus ou moins consciente et à des degrés divers, nous avons tous ce genre de jugement.

L’empreinte est tenace. Même entre filles, et quelle que fût notre éducation(1), nous sommes marquées par cette représentation de la place de la femme, et de manière si profonde qu’on se juge entre nous, et au-delà, en devenant notre propre bourreau.

C’est vrai : cette fille, là, qui a un meilleur poste que le nôtre, c’est pas parce qu’elle est intelligente et qu’elle en a les capacités. C’est parce qu’elle “connaît” le patron. Cette meuf, à l’arrêt de bus, elle devrait avoir honte de s’habiller si court : elle cherche les problèmes. Cette dame, elle a des poils aux jambes, avec une jupe, c’est dégueu, elle devrait au moins avoir la décence de mettre un pantalon.

Et puis, moi, quand je me regarde dans une glace, avec mes grosses cuisses et mon acné, je devrais même pas sortir, c’est une abomination.

On nous apprend, insidieusement, à nous saborder, à se jauger et à percevoir l’autre comme une concurrence néfaste et à nous conforter à un idéal féminin conforme à une certaine idée que la société se fait de la beauté.

Le pire, c’est que ces attitudes sont tellement ancrées que ces pensées viennent à nous, alors que nous en avons à peine conscience, et elles mettent à mal/avortent des relations qui auraient pu être enrichissantes.

S’il y a une chose que j’aurais apprise, avec l’expérience – et nombre de jugements hâtifs – c’est de percevoir le moment où je suis en train d’évaluer quelqu’un et de me recentrer sur un aspect positif de cette personne. Surtout si c’est une fille. Bien sûr, c’est pas évident, et tous les jours ça m’arrive. Mais j’essaie de me recadrer autant que faire se peut.

Ça semble ridiculement naïf, dit comme ça. Rappelons simplement qu’en tant que femmes, la société ne nous fait vraiment pas de cadeaux(2). Si chacun-e d’entre nous faisait ce petit effort, à savoir réfléchir sur son comportement envers autrui, et particulièrement envers les femmes et les minorités, et qu’on arrêtait de constamment se jauger plutôt que de s’entraider, ça améliorerait pas mal de choses. On changerait probablement pas la société, mais comme le dit ce cher Paul Valéry : “Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails.”

C’est en partie en prenant conscience de ce jugement permanent de la société envers le genre féminin que j’ai compris que le combat féministe n’était pas une cause lointaine et désuète.

Il se déroule chaque jour, sous votre joli nez, au détour d’une phrase, au coin de la rue, le long d’un geste.

Un modèle

Franchement, j’ai eu une chance monstrueuse. Ma douce maman est une femme forte, vaillante, bienveillante, et dans l’air du temps. Elle pense qu’elle n’a pas été un modèle de féminité pour moi. Comme elle le dit elle même, “Ah c’est sûr que je ne t’aurai pas appris à te faire les ongles”.

Ma mère, elle a la peau tannée par le Soleil car elle adore son petit Paradis, son jardin. Elle a les mains toutes égratignées à force de gratter la terre de son potager. Bien qu’encore jeune et très jolie, elle ne cache pas ses rides creusées par une vie remplie de petits bonheurs et ponctuée de chagrins. Elle porte des robes trapèze et des collants colorés avec des godillots, et ça lui va a ravir. Elle ne se maquille qu’à l’occasion, et juste ce qu’il faut pour embellir son naturel : une crème de roses, un nuage de parfum, un soupçon de crayon et de mascara.

Ma mère, elle pense que les mains burinées de son arrière-grand-mère étaient les plus belles mains qu’elle ait jamais vues. D’ailleurs, je porte son prénom.

Ma mère est une femme simple qui se fout du regard des autres et qui prend soin de son prochain.

Qu’importe qu’elle ne rentre pas dans les standards, qu’elle déteste porter du vernis à ongles et qu’elle ne sache pas ce qu’est un contouring(3).

Malgré ce qu’elle pense de sa féminité, je n’aurais pas pu avoir de meilleur modèle. Elle m’a inculqué les notions de respect de soi et du respect des autres, m’a fait prendre conscience de ma valeur en tant que femme, a toujours été l’ombre qui me console quand je pense que je ne suis rien, et surtout, m’a toujours soutenue quelques soient mes choix sentimentaux et mes choix de carrière.

Elle veille sur sa famille, et mon père l’a toujours considérée comme son égal ( et même davantage je pense 🙂 ), sa compagne, son plus précieux conseil, sa confidente et sa meilleure amie.

Ainsi, m’épanouissant au sein de ce cercle familial protégé, les valeurs d’équité entre les genres ont toujours été de soi. Pour moi, Il était normal, sans que je me pose plus de questions, que ma mère soit l’égale de mon père, que mon petit frère reçoive la même éducation que la mienne, que je puisse jouer aux jeux vidéos et courir dans les champs couverte de gadoue, que je m’oriente vers les études supérieures et le job de mon choix, et que l’homme de ma vie me considère lui-même comme son égal.

Cela ne veut pas dire que je n’ai pas eu mon lot de peines et d’autres combats. Seulement, ma prise de conscience concernant les droits des femmes, la misogynie, le machisme et le sexisme en tant que véritables problèmes de société est venue tardivement, au fil des rencontres et de mes expériences de vie.

L’Éveil

Je ne sais pas à quel moment exactement je me suis rendue compte que tout n’allait pas de soi et que je vivais sur un îlot, quelquefois touché par des vagues de machisme, la plupart du temps épargné du sexisme ambiant.

Comme je l’ai développé précédemment, mes parents, mon entourage proche et les épreuves m’ont permis de construire une sorte de bastion assez solide. D’une part, je suis préservée, d’autre part, je dégage suffisamment de force et de confiance pour éloigner la plupart des comportements misogynes, et le cas échéant, j’ai du répondant pour y faire face – en grande partie.

Pour moi, c’était le cas de tout le monde.

Et puis, j’ai commencé ma vie d’adulte, avec mon premier boulot en tant qu’illustratrice employée à temps plein. Et des comportements plus conséquents ont commencé à poindre. Des faits, fondamentalement injustes, sur lesquels je n’avais aucune prise, et qui, pour quelqu’un comme moi tenant la notion d’équité en haute estime, ont fait jaillir une source de colère sourde.

C’est ce D.A., qui va t’expliquer qu’il faut pas de filles en poste d’illustration en entreprise parce que ça fout la merde, et qui tâche de les évincer un maximum des tâches intéressantes. C’est ton boss, qui te dit “en plaisantant” que c’est pas le moment de faire un gosse, hein ? C’est ta patronne, qui, sous couvert d’une boîte paritaire et féministe, incarne tous les clichés de la vénalité et ne fait rien pour améliorer la condition des femmes au sein de sa société. C’est ta collègue, qui a les mêmes qualifications que les mecs de la boîte au même poste, mais qui ne sera jamais augmentée en six ans et à qui on file les boulots de maintenance et de paperasse. C’est moi, qui sera augmentée de 50€ en tout sur la même durée, mais parce que j’ai “une grande gueule” ( plutôt que de dire simplement que j’ose demander une augmentation légitime ).

Et là, tu te dis : mais pourtant, je bosse dans une start-up. C’est moderne. Mes collègues sont des filles talentueuses, affirmées et brillantes. Si c’est déjà comme ça ici, comment c’est ailleurs, au sein de PME standard, aux jobs sans âge, ou de grosses compagnies déshumanisées ?

Puis, je pars de cette boite pour monter ma propre micro-entreprise, et je rencontre de nouvelles personnes super chouettes et qui m’estiment. J’ai vraiment de la chance, encore une fois, j’ai le soutien de tous mes proches et amis, et ça se passe bien. Mais passée la trentaine, tous les copains commencent à fonder une famille, à avoir des enfants. Pas moi. Et là, tu rentres dans une case d’anormalité. Car quand tu es une jeune femme, casée depuis un moment, avec une maison, un taf stable, le passage obligé, la suite de l’histoire, c’est de faire un bébé.

Chaque soirée, chaque repas de famille, on met sur un piédestal ces nouvelles mamans telles des Madones. Car ça y est. Elles sont des femmes. Elles sont respectables. Elles font perdurer la lignée. On regarde l’adorable bébé qui sommeille tendrement en faisant des petits bruits de souris trop mignons. Et oui, évidemment que ça me touche, et oui je trouve ça magnifique.

Puis, la conversation se tourne vers toi. “Et alors ?”. “ Et c’est pour quand ?” “Il serait temps !”  “ On te taquine”.

Alors bien sûr, je suis certainement “carriériste”, égoïste aussi, je ne pense qu’à moi, et “je n’ai pas compris le sens de la vie”.

Bien sûr, “c’est pas méchant”. C’est sans compter que ces situations se renouvellent à chaque fois que tu vois de la famille et des amis, et qu’à la longue, t’as juste envie de leur dire de s’occuper d’autre chose de l’accueil de gamètes mâles dans ton utérus. Et puis sincèrement, ça ne les regarde absolument pas, de savoir si j’aurais des enfants, ou pas, où si j’en ai simplement envie. En premier lieu, ça me regarde moi, et ensuite, mon conjoint. Fin du débat.

Parlons de ces nouvelles Madones, justement, ces jeunes mamans, qui constituent à présent une grande partie de mon entourage. Elles sont les premières à comprendre ce que je ressens. Devenir mère, c’est merveilleux. Mais c’est loin d’être idyllique, et j’ai pas besoin d’avoir des enfants pour le savoir, ça. Je ne compte plus les témoignages relatant des accouchements catastrophiques en termes de suivi de grossesse, de violences obstétricales et d’ingérence des infirmières et des médecins(4). Ok, c’est “juste un mauvais moment à passer”, mais excusez-moi si je n’ai pas encore digéré le fait que j’allais livrer mon corps à des personnes qui décideront pour moi comment je dois mettre un être au monde, et si/comment je dois être charcutée.

Bien entendu, le sexisme ne s’arrête pas à la porte de ta nouvelle vie de femme primipare, sinon ça serait trop simple. Le jour où tu as des enfants, l’ingérence continue. Tu travailles ? Donc tu ne t’occupes pas de tes enfants. Tu es mère au foyer ? Tu as de la chance d’être peinard à la maison toute la journée pendant que d’autres se crèvent le cul ! Tu ne l’allaite pas ? Mais quelle mauvaise mère, tu ne t’inquiètes pas de la santé et des anticorps de ton bébé ! On pourrait écrire un annuaire.

Plus j’évolue, m’affirme et me construis, plus je prend conscience de la veine que j’ai eue d’évoluer dans un cercle plutôt bienveillant, et combien sont nombreuses les femmes qui n’auront pas eu cette chance là. Et plus je me rend compte que le confort relatif dans lequel je vis en tant que femme est dû au combat d’autres femmes qui ont tout donné pour que je puisse être si libre.

L’Empathie

Entendons-nous bien : mon expérience du sexisme ordinaire est d’une banalité déconcertante. Fondamentalement, les faits dont je parle ne sont pas dramatiques en soit, et j’en ai absolument conscience. Ce qui est grave, c’est que les situations que je vis sont le minimum syndical de ce sexisme ordinaire. Chaque femme que je connais peut relater des faits analogues, ou bien pires(5) !

Je suis blanche, je suis plutôt mignonne sans être canon donc je passe partout, je suis petite donc je ne suis pas un danger. Je ne suis pas racisée, je ne fais pas partie d’une minorité, je n’ai pas grandi dans une famille où la femme doit se taire et n’a pas à prendre de décisions ni son mot à dire, je n’ai pas grandi dans un pays où la rue appartient aux hommes, je ne vis pas en centre ville donc je n’ai pas à subir les regards salaces de mecs de fin de soirée quand je rentre chez moi. Ça limite les attaques sexistes et misogynes.

J’ai peut-être cette force de savoir intuitivement repousser ces assauts, ou le don de savoir désamorcer une situation par le rire et la discussion.
Mais tout le monde n’est pas armé pour ça, et tout le monde n’a pas eu la chance de grandir dans un environnement où les modèles de femmes permettent de se construire une bonne estime de soi et une forte notion de justice.

C’est là qu’on se rend compte combien l’environnement et les modèles sont d’une importance capitale. Et que je vois combien ma mère est encore plus une warrior que je pouvais le penser.

Car elle a su me protéger, et plus que bien. M’ayant donné naissance à 18 ans – et je n’étais pas du tout un craquage de capote,  mais un désir – pour la plupart des personnes de son entourage, elle était trop jeune, elle ne pouvait que se rater, là où aujourd’hui on me déclare déjà trop âgée pour un premier enfant ( comme quoi, décidément, ce n’est jamais bien ).

Quand les jeux vidéos sont devenus une passion, elle n’a jamais critiqué, ni pensé une minute que je ne pourrais pas en faire mon métier, alors que pour l’entourage c’était un passe temps immature et dédié aux mecs. Quand je m’habillais avec des fringues larges et confortables pour crapahuter, qu’on me taxait de garçon manqué, où de gamine qui refuse de grandir, ma mère a toujours été là pour signifier que les enfants devaient évoluer chacun à leur rythme et sur leur chemin.

Je ne suis pas invincible, loin de là, mais je suis devenue une femme forte, car ma mère a su me transmettre cette force qu’elle a acquise en ignorant le regard des autres et en se battant toujours pour que je puisse me réaliser de la meilleure façon possible. Je ne la remercierai jamais assez pour tout ça.

En somme : tu veux le meilleur pour ta fille, soutiens-là envers et contre tout-s, au delà du regard des autres, et vois plus loin, pour elle.

Quand je me rends compte de la façon dont certains mecs de mon entourage se comportent avec leur copine, leur épouse, avec leurs filles, des mamans qui acceptent ou ne se rendent pas compte de ces habitudes ancrées  et quand on sait l’importance du modèle parental et de la transmission(6), je ne peux qu’être horrifiée.

Je résume en grossissant beaucoup : maman travaille ET s’occupe du ménage ET des papiers ET des courses ET de préparer le repas pour des amis. Papa travaille. Leur petite fille fait comme maman. Le petit garçon fait comme papa. Et tout ça, c’est un mélange de genrisme et de charge mentale, et Emma l’explique très bien sur son blog.

Quand je pense combien le sexisme a pu mettre à mal où empêcher des jeunes filles de réaliser leur plein potentiel, ça me rend vraiment malade.

Je ne me permettrai pas de juger, car je ne suis pas parent, et je sais que c’est super difficile à gérer. La majorité des parents veulent le meilleur pour leur enfant. Mais ça passe aussi par se remettre en question soit même pour leur transmettre le plus d’armes possibles afin de mieux pouvoir se défendre à l’avenir. Et changer les choses, ça passe aussi par soutenir un maximum sa gamine dans ses idéaux de vie, faire la même chose avec son petit gars, mais également apprendre aux filles les comportements des garçons qui ne sont pas appropriés envers elles et qu’elles peuvent/doivent dénoncer … ET apprendre aux garçons à respecter les filles et à exercer les mêmes tâches qu’elles.

Le sujet est très vaste, donc je ne fais que l’effleurer. Mais ce concept s’applique à nous tous, nous pouvons apprendre et changer à tout âge de comportement afin de montrer le bon exemple et aller vers une société qui respecte les femmes, les place sur le même pied d’égalité que les hommes, améliorer la condition féminine et par extension, la condition des minorités – car oui, c’est lié.

C’est en fréquentant toutes ces femmes aux profils si divers et toutes plus intéressantes les unes que les autres que je me suis rendue compte que les formes que prennent le sexisme, machisme et le racisme sont terriblement ancrées et d’une variété infinie. ( et d’une connerie infinie aussi semble-t-il ).

J’admire et je respecte toutes ces femmes battantes, toutes ces jeunes filles, toutes ces mamans qui se battent au quotidien contre un sexisme ordinaire et, plus largement, pour les droits des femmes.

Le combat

En tant que femmes, nous vivons dans le confort de celles qui se sont battues avant nous : droit à disposer de son corps, droit de vote, divorce, droit à l’avortement, lois sur l’égalité, ect. On a l’impression, limite, que c’est bon, tout à été fait, l’égalité est là. En tout cas, nombreux sont ceux qui font tout pour nous le faire croire 🙂 .

Le chemin que ces combattantes ont tracé pour nous est énorme – mais ne prévaut principalement que pour nos sociétés dites “évoluées” et “occidentalisées”. Cependant, la route qu’il reste à parcourir est encore très longue, entre le maintien de nos droits en l’état et les combats qu’il reste à mener ( parité totale des élus, en entreprise, congés parentaux égaux, égalité salariale ect …).

Il faut construire tout en maintenant un mur porteur sans cesse mis à mal. Car à l’heure actuelle, vous aurez remarqué – où alors vous êtes un hermite du fond du trou de l’Ardèche(7) – que les tensions internationales exacerbent un sentiment patriotique et une peur de perte des valeurs morales et acquis sociaux, entre autres. Ça attise la haine et alimente la peur de l’Autre. Et qui sont les premiers à en faire les frais ? Héhé… Les femmes et les minorités bien sûr !

Je n’en reviens toujours pas de voir le nombre de femmes qui ont voté pour le Front National aux dernières élections, syndrome de Stockholm à l’échelle d’un pays quoi. Pour rappel, cette belle déclaration de Marion Maréchal-Le Pen : “Il faut supprimer les subventions aux associations politisées, dont les plannings familiaux ou la LGBT (Lesbiennes, gays, bi et trans)”, ou encore Dominique Martin, eurodéputé FN, qui invite les femmes à rester chez elles en tant que femmes au foyer, car “ça aurait l’avantage de libérer des emplois, ça aurait l’avantage de donner une meilleure éducation à nos enfants”.

Bref, j’ai l’impression que certaines ne se rendent pas compte des conséquences désastreuses d’un Front National à la tête du pays… ou bien elles ont des idées très, très conservatrices qui ne sont définitivement pas compatibles avec les concepts d’évolution et de progrès.

Face à celà, nous assistons à une nouvelle vague féministe. Beaucoup ne comprennent pas ( On rejoint l’idée que le combat a déjà été mené ), beaucoup en ont peur, certains sont, de toute façon, misogynes ( donc bon, c’est dur de les convaincre hein ), dans tous les cas, il y a une grosse prise de conscience, surtout auprès de la jeune génération, et c’est absolument tant mieux.

Car vraiment, en France, et même si le chantier reste énorme, nous avons une chance inouïe : des femmes qui se sont battues pour que nous puissions grandir dans une relative liberté avec des droits et une justice ! Et c’est un devoir de mémoire et notre responsabilité de reprendre le flambeau.

Les raisons sont simples : préserver et militer pour voir grandir la prochaine génération de femmes dans une société qui les respecte et leur permette de s’épanouir. Parce qu’une société où le droit des femmes est respecté est une société qui va super bien et que ça bénéficie à tous(8) !

Si, en France, nos droits sont mis à mal par les diverses tensions internationales et le déclin progressif de nos acquis sociaux, imaginez la situation des femmes dans les pays où leurs droits ne sont pas respectés …ou n’existent tout simplement pas ? C’est l’éternel effet papillon.

Nous pouvons agir là où d’autres ne le peuvent tout simplement pas, parce qu’elles risquent mille fois plus que nous en affichant où défendant des idéaux progressistes et féministes.

Mais comment faire ?

Vous l’aurez compris, du moins je l’espère, que le titre de cet article, un chouille racoleur, était une petite blague pour vous faire venir lire tout ceci. Si vous êtes là, j’imagine que ça a marché un petit peu :P. Donc, effectivement, prendre conscience de la nécessité d’une lutte féministe, ça ne se fait pas un jour. C’est un cheminement personnel, que chacun de nous, homme où femme, doit parcourir. Ça passe par un questionnement sur nos valeurs, sur ce qu’on désire transmettre, sur un positionnement pour savoir quelle société on souhaite construire et dans laquelle on veut vivre.

J’ai pris conscience qu’il faut beaucoup de voix pour se faire entendre – pas seulement pour des revendications féministes, mais plus largement politiques.
Une conscience féministe et politique, de par les valeurs qu’on m’a transmises et mon évolution personnelle, je sais qu’elles ont toujours fait partie de moi. Un regard militant en revanche, c’est très récent.

Puisque nos voix portent plus loin quand on est ensemble, et bien il faudra compter avec la mienne. Je ne pourrai pas être en accord avec moi-même si je ne me bouge pas alors que d’autres se prennent des coups. Je le vois tous les jours, en particulier auprès d’amies qui se font insulter sur les réseaux sociaux car elles luttent pour le droit des femmes, et c’est tout bonnement insupportable.

De quelle manière m’y prendre, en revanche, je n’ai pas d’idées précises, et sincèrement, je ne sais pas par quel bout commencer. Le sujet est si vaste, avec tellement de ramifications, de débats, de courants, que ça donne le vertige. Il y a tant à faire.

Comme j’y connais pas encore grand chose, je m’informe, et je pense que c’est important d’en parler. J’ai donc commencé par vous parler de ma propre expérience en espérant que celà vous emmène également à réfléchir sur le féminisme, ce qui, à l’heure actuelle, me semble un des combats essentiels pour notre avenir et celui de nos enfants ( enfin, les vôtres 😛 ).

C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de contourner le célèbre slogan de l’affiche “We Can Do It” en “We Must Do It”. Car oui, je pense sincèrement qu’au delà de pouvoir le faire, nous devons le faire. Nous devons militer et lutter pour améliorer la condition des femmes, et pas seulement en France, mais partout dans le monde.

Donc, en attendant de pouvoir mieux en parler, et en espérant ne pas avoir dit trop de conneries 😛 , je vais lire, échanger avec des personnes impliquées, débattre, comme je l’ai toujours fait.

Je souhaite vous parler également d’un groupe d’échanges et d’initiatives sur Montpellier lancé par la talentueuse et gourmande Boeuf Karotte, Osons créer des jeux vidéo au féminin, qui, comme son nom l’indique, réfléchit sur les différents moyens d’emmener les femmes passionnées par le domaine du jeu vidéo à oser franchir le cap de la création et du monde professionnel et, plus globalement, à montrer que le jeu vidéo n’est pas un hobby réservé aux hommes ! Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à venir nous rencontrer !

Une dernière chose, encore : le mot féminisme, en lui-même, fait peur, surtout à nos chers amis de la gente masculine. Alors, les gars, sachez que derrière ce mot terrifiant, les femmes ne cherchent pas à prendre le contrôle de l’ordre mondiaaaaal 😛 . Dans son ensemble(9), le courant féministe, c’est simplement considérer l’humanité comme une somme d’individus avec des nuances de genres et pas simplement une bipolarité homme/femme immuable. Des individus fondamentalement égaux en droits.

Pour finir de vous rassurer, je citerai simplement Maisie Williams, notre célèbre petite Aria Stark, modèle de lutte :

“Je pense aussi qu’on devrait arrêter d’appeler les féministes féministes et simplement appeler les gens qui ne sont pas féministes des sexistes – et les autres seraient juste des humains. Soit vous êtes un être humain normal, soit vous êtes sexiste.”

N’hésitez pas à me faire part de votre avis, ressenti, intérêt, coups de gueule et autres rectificatifs : je suis absolument à l’écoute et avide d’échanger avec vous 🙂


Pour aller plus loin :

L’excellente collection de la Bédéthèque des Savoirs des éditions Le Lombard propose un tome sur le féminisme. Il est très bien fait, exhaustif, retrace les principaux courants féministes et les luttes inhérentes à ces courants. Il permet une excellente introduction sur le sujet.

La petite Bédéthèque des Savoirs – Tome 11 Le féminisme, Anne-Charlotte Husson, Mathieu Thomas ( auteur également de l’excellent blog Projet Crocodiles sur le harcèlement de rue )


  1. Et ça se passe très tôt. A lire, par exemple : La socialisation de genre et l’émergence des inégalités à l’école maternelle : le rôle de l’identité sexuée dans l’expérience scolaire des filles et des garçons – Yoan Mieyaa, Véronique Rouyer and Alexis le Blanc, disponible ici.
  2. Si y’en a encore qui disent qu’on exagère, les chiffres de l’Insee parlent d’eux-mêmes hein.
  3. Le contouring est une technique de maquillage jouant sur les effets d’optique sombre/clair afin d’améliorer la perception de l’aspect d’un visage. C’est une technique en fait, que si tu sais pas faire, vaut mieux pas tenter le diable avant de se rendre à un rendez-vous important sous peine de passer pour un frère Bogdanov en fin de soirée ( pardon ^^ )
  4. Violences obstétricales : quand l’accouchement vire au cauchemar, aujourd’hui, les femmes en parlent – Isabelle Duriez.
  5. Un beau florilège sur le blog Sexisme Ordinaire, absolument complet sur le sujet ( malheureusement ).
  6. L’héritage de la transmission – Willy Lahay
  7. Désolée les ardéchois ! Je vous aime bien en vrai, et puis vous faites de la super crème de marrons et du nougat délicieux 😛 Mais bon chez vous, l’été il faut trop chaud, l’hiver trop froid, c’est paumé et y’a même pas la mer XD
  8. Egalité des genres et développement économique – Lucia Lizarzaburu
  9. Oui il y a des féministes extrêmistes. Comme dans chaque mouvement. Mais faut pas tout mélanger 🙂

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1 Comment

  1. Excellent article. I definitely love this site. Stick with it!

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